Nord-Kivu: Quand les travaux communautaires deviennent des ponts entre communautés divisées
Les initiatives de réconciliation
prennent parfois la forme la plus humble, celle du travail collectif. Dans
plusieurs villages du Grand Nord du Nord-Kivu comme à Mbau, Miriki ou encore Manguredjipa,
le salongo, les réhabilitations de routes, de sources d’eau ou les nettoyages
des espaces publics réunissent des communautés longtemps déchirées par des
conflits intercommunautaires.
Là où régnaient jadis la méfiance, les
rancunes héritées et les silences pesants, les gestes simples du quotidien
recréent du lien. Travailler côte à côte permet non seulement d’améliorer les
conditions de vie, mais aussi de retisser, dans l’effort commun, une cohésion
sociale mise à mal par des années de tensions.
Portés par les structures locales de
paix, les chefs coutumiers ou encore les jeunes eux-mêmes, ces travaux
deviennent des espaces informels de dialogue. Sans grandes déclarations, ils
permettent la rencontre, le rapprochement et l’apprentissage de la coopération.
Chaque coup de pelle ou de houe devient un acte de reconstruction, aussi bien
matérielle qu’humaine.
Dans certaines localités, des chemins
agricoles ont été réhabilités par des groupes issus de communautés longtemps
opposées. Ces voies de communication ne servent pas seulement à désenclaver des
villages: elles incarnent une volonté partagée d’avancer ensemble.
Dans cette région souvent marquée par la
violence et la division, la paix ne se proclame pas toujours dans les discours.
Elle s’incarne dans des actions concrètes, modestes mais profondes, qui
redonnent sens au vivre-ensemble. Ainsi, les travaux communautaires deviennent
plus que des corvées: de véritables passerelles entre des mondes autrefois
séparés.
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