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26 Jun, 2025 0 0

Beni-Lubero : Quand la guerre assassine l’école

L’éducation des enfants est devenue une victime de la guerre dans le territoire de Beni et de Lubero. Les balles, les machettes ne tuent pas que des corps, elles brisent aussi les rêves et condamnent plusieurs enfants à grandir sans instruction. Depuis plusieurs années, les massacres répétées des ADF, les attaques des groupes armés, les déplacements massifs de la population ont affaibli le système éducatif dans les deux territoires longtemps meurtries. A Ndimu, Mbau, Kamango, ou encore Nobili plusieurs écoles sont restées fermées pendant des mois voire des années. A la rentrée scolaire 2024-2025, plusieurs écoles primaires de certains villages du territoire de Beni n’ont pas rouvert leurs portes. Là où il y avait jadis des enfants en uniforme, on trouve désormais des bâtiments vides, des bancs calcinés ou envahit par la végétation. Plus inquiétant encore, certains enfants n’ont jamais connu l’école. D’autres ont dû l’abandonner pour survivre, mendier ou être utiliser comme des porteurs ou combattants par des groupes armés. A célà  s’ajoute la détresse des enseignants faiblement rémunérés, déplacés, beaucoup ont cessé d’enseigner pour chercher d’autres moyens de survie. Les écoles qui tentent de fonctionner  manque de sécurité et l’encadrement. Dans ce contexte, l’éducation ne peut plus être reléguée au second  plan, elle doit être considérer comme un pilier central de la résilience des populations et de la lutte contre l’instabilité. Protéger les écoles, sécuriser les zones d’apprentissages, renforcer les moyens des structures éducatives sont de prime à bord essentiels pour maintenir l’éducation intact. Il faut refuser que la guerre dicte l’avenir, sauver l’école dans le territoire de Beni et Lubero. Cherchons des moyens pour préserver la seule arme pacifique capable de briser le cycle de la violence « le savoir »      
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05 Jun, 2025 0 0

Butembo: ces femmes déplacées qui rebâtissent malgré les blessures de la guerre

Des femmes déplacées, originaires du territoire de Beni et de Lubero, ou de la province d’Ituri dans les villages d’Irumu, Ndimu, Mbau, Djugu…, ont trouvé refuge en ville de Butembo. Elles ont fui les combats, les massacres et les pillages. Certaines ont perdu leurs maris, d’autres ont vu leurs enfants enlevés ou leurs maisons incendiées. Mais loin de se laisser écraser par le  traumatisme, ces femmes deviennent, jour après jour, des actrices de reconstruction, de résilience. Dans les marchés de Vichai, de Rughenda, de Furu ou de Vutsundo, elles sont nombreuses à vendre des légumes, du charbon, du savon, malgré la précarité. D'autres se lancent dans de petits métiers de couture, de coiffure et de ménagère pour subvenir aux besoins de leurs enfants. « Nous étions arrivé à Butembo en 2023, nous revenions de Ndimu où nous avions tout perdu et mon marie était massacré. Mais ici, à Butembo, je me débrouille pour survivre avec mes enfants, je fais la lessive pour les gens qui ont besoin de mon service. Nous essayons de résilier petit à petit », confie Mama Zacharie, mère de huit enfants, rencontré en service de lessive dans le quartier Kitulu Elles vivent dans des maisons de fortune, souvent à l’étroit, parfois sans eau, ni électricité. Certaines sont hébergées par des familles d’accueil, d'autres s’organisent entre elles pour louer des petites maisons ensemble. Mais malgré cette précarité, beaucoup refusent de tendre la main. « Je ne voulais pas être vue comme une mendiante c’est pourquoi j’ai commencé à vendre des beignets près de l’école primaire de Kanyangungu. Ce n’est pas grand-chose, mais au moins je peux acheter du savon et nourrir mes deux enfants » affirme Jeanne Mulavi, déplacée de Mbau, mère de deux enfants. Pour ces femmes, la paix ne se résume pas à l’absence de tirs ou de machettes. La paix, c’est aussi la guérison intérieure, la reconnaissance de leur dignité, et l’intégration sociale dans leur nouveau milieu. « Là où la guerre détruit, les femmes rebâtissent », ici en ville de Butembo, cette vérité se vit chaque jour. Encore faut-il que nous soyons prêts à l’entendre.
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19 May, 2025 0 0

Jeunes de l’Est : Du jugement à l’inspiration, réapprendre à se réjouir du succès de l’autre

A l’Est de la République démocratique du Congo, une forme de  violence se vit sous silence; celle qui oppose les jeunes entre eux, non pas avec des armes, mais avec des regards, des mots, des suspicions. L’objet du conflit ? La réussite de l’autre. Il suffit parfois qu’un jeune parvienne à monter un petit commerce, à décrocher un emploi dans une ONG, à s’acheter une parcelle ou une moto, pour que les murmures s’élèvent : « Il a réussi parce qu’il est de telle ethnie… Il a des relations… Ce n’est pas clair… » Derrière ces propos se cache une blessure; celle de la méfiance ethnique, encore vivace dans une région fracturée par des de conflits. La jalousie personnelle se transforme rapidement en hostilité communautaire. Et la réussite d’un jeune devient, non pas un modèle à suivre, mais un prétexte à la division. Cette situation brise l’espoir et détruit l’unité. Il détourne l’énergie des jeunes vers la suspicion plutôt que vers la solidarité. Pourtant, dans cette période de guerre, de pauvreté, chaque réussite devrait être célébrée comme une victoire collective. Il est temps de rompre avec cette logique destructrice. Être de l’Est, c’est déjà porter un lourd fardeau. N’ajoutons pas le poids de la haine entre nous. Qu’on vienne du Sud-Kivu, du Nord-Kivu, de l’Ituri ou du Maniema, le véritable ennemi n’est pas le voisin qui réussit, mais le système qui nous divise. La paix commence là où la jalousie s’efface devant le respect. Et le développement, là où l’on s’inspire les uns des autres au lieu de se détruire.
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04 May, 2025 0 0

Dans le Grand-Nord la rumeur tue aussi sûrement que les armes

Ici, dans le Grand-Nord, la peur n’a plus besoin de kalachnikovs pour s’imposer. Elle a trouvé des relais plus puissants, plus rapides : nos conversations, nos téléphones, nos soupçons.Dans les territoires de Beni et Lubero, où les attaques des ADF, du M23 et d'autres groupes armés se multiplient, une autre forme de violence s'est installée dans le silence, celle des rumeurs. À Lubero, en deux mois, plus de 500 civils ont perdus la vie. Des villages entiers se sont vidés, plusieurs familles déplacées se sont réfugiées à Butembo.À Beni, la peur du lendemain est devenue une habitude. Mais cette peur ne vient pas seulement des fusils mais aussi des histoires qu’on raconte sans preuve. « On dit que ces déplacés préparent une attaque», « On m’a dit qu’ils collaborent avec les rebelles», « Ce groupe-là reçoit plus d’aide parce qu’il est complice… »Ces phrases, entendues au marché, à l’église..., n’ont souvent aucun fondement. Mais elles se répandent, alimentées par le désespoir, les blessures mal cicatrisées, la fatigue de vivre en état d’alerte. Et à force d’y croire, on agit comme si elles étaient vraies.La vérité, elle, avance plus lentement. Elle ne fait pas de bruit. Elle dit que la majorité des déplacés ne veulent qu’un abri. Que des communautés autrefois opposées ont partagé la même assiette. Que les rebelles ne demandent pas ta carte ethnique avant d’ouvrir le feu.Mais qui écoute encore la vérité quand la rumeur fait vibrer l’émotion ?Aujourd’hui, notre message est simple : « Ce n’est pas la vérité qui manque. C’est notre volonté de la croire ».Nous sommes devenus les haut-parleurs des mensonges. Et tant qu’on le reste, la paix restera muette.Il est temps de faire un choix : continuer à répéter ce qu’on ne sait pas, ou s’engager à reconstruire ce qu’on a perdu, la confiance. Parce que dans cette guerre, chaque rumeur partagée est une balle de plus. Et chaque vérité rétablie est une main tendue vers la paix.
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25 Apr, 2025 0 0

Butembo : Pour une école sans violence ni exclusion

Alors que l'école devrait être un lieu d'épanouissement et d'égalité, elle est un lieu de frustration et de manque d'estime de soi pour les enfants déplacés de guerre, ceux vivant avec handicap ou perçus comme différents dans des écoles en ville de Butembo, en province du Nord kivu à l'Est de la RDC.Un enfant sur dix de cette catégorie dit avoir été victime de la discrimination en milieu scolaire. La majorité de ces enfants sont des déplacés ayant fui les conflits armés dans les territoires de Beni et Lubero; ils ont été accueillis dans des écoles à Butembo pour poursuivre les études.Ces enfants subissent de stigmatisation sur base de leur statut social, des mises à l’écart, ou même des agressions verbales et physiques en raison de leur apparence, origine, religion ou handicap. Ces comportements, souvent banalisés, perturbent non seulement le climat scolaire mais aussi le développement personnel et scolaire; aggravent les blessures causées par la guerre pour les enfants concernés.Le respect, l’égalité et la non-violence doivent être instaurés dans les écoles pour garantir à chaque enfant un environnement sain, où il peut apprendre et s’épanouir. La communauté éducative ( enseignants, parents, élèves ) a un rôle à jouer pour prévenir ces situations et encourager une culture de la paix et du vivre ensemble à l'école pour les enfants dès le plus jeune âge.
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09 Apr, 2025 0 0

Crise à L’Est : l’unité, le seul espoir pour les territoires de Beni et Lubero en temps de guerre

La population des territoires de Beni et Lubero endure des massacres à répétition, une insécurité permanente, depuis plus de dix ans ; une douleur devenue presque invisible aux yeux du reste du monde. Dans les rues, une phrase revient souvent : « C’est le régime politique en place qui est responsable de nos malheurs. » Une parole de colère, mais aussi de désespoir.Ce sentiment d’abandon par les autorités est légitime. Trop de fois, les promesses de sécurité ont été trahies. Trop de fois, les populations ont été laissées seules face à la mort. Et pendant ce temps, les véritables auteurs de cette guerre, souvent tapis dans l’ombre, continuent à semer la terreur.Mais aujourd’hui, au-delà de la colère, un constat s’impose : nos souffrances sont les mêmes. Peu importe nos origines, nos langues ou nos appartenances politiques, nous pleurons les mêmes morts, nous enterrons les mêmes enfants, nous partageons le même cauchemar. Se battre entre nous, c’est faire le jeu de ceux qui veulent le Grand Kivu à genoux.Pendant que nous nous divisons, que nous nous accusons mutuellement, que nous perdons confiance les uns envers les autres, les véritables profiteurs du conflit, eux, s’enrichissent. Ils prospèrent dans notre chaos. Ils veulent un peuple faible, désorganisé, divisé. Ne leur faisons pas ce cadeau.Ce que nous avons besoin aujourd’hui, c’est d’un éveil collectif. Nous devons refuser d’être uniquement des victimes. Il est temps de redevenir acteurs de notre propre avenir. Cela commence par l'unité, par la solidarité, par l’éducation, par l’entrepreneuriat, par l’entraide entre communautés. Cela commence aussi par refuser les discours qui incitent à la haine et à la vengeance.Les deux territoires, Beni et Lubero ont déjà trop pleuré. L’heure est arrivée de se reconstruire. Même sous les balles, même dans l’insécurité, chaque initiative, chaque main tendue, chaque projet communautaire est un acte de résistance. Développer nos territoires, c’est déjà affaiblir ceux qui veulent les détruire.
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01 Apr, 2025 0 0

Héritage : l’égalité hommes-femmes consacrée par la loi

Dans de nombreuses communautés , les pratiques coutumières continuent de priver les femmes de leur droit à l’héritage. Pourtant, la loi est claire : selon l’article 758 du Code de la famille, la succession doit être partagée à parts égales entre tous les enfants, qu’ils soient garçons ou filles, nés dans ou hors mariage.Cette disposition légale constitue une avancée majeure en faveur de l’égalité entre les sexes. Elle vise à corriger les injustices historiques qui, sous prétexte de tradition, ont longtemps empêché les femmes d’accéder aux biens familiaux après le décès de leurs parents.Malgré cette protection juridique, la réalité reste contrastée. Dans certaines régions, les pesanteurs socioculturelles freinent encore l’application effective de cette loi. Des familles influencées par la coutume continuent de favoriser les héritiers masculins, reléguant les filles au second plan.Face à cette situation, des voix s’élèvent pour exiger une application stricte de la loi et une sensibilisation accrue des populations. « La loi est au-dessus de la coutume et non l’inverse ». La nécessité pour les femmes de revendiquer leurs droits et pour les autorités judiciaires de veiller à leur respect est importante.L’égalité en matière d’héritage n’est pas seulement une question de justice, mais aussi un levier pour l’autonomisation des femmes et le développement de la communauté. Appliquer l’article 758 du Code de la famille, c’est garantir à tout un chacun, sans distinction de sexe, l’accès à son patrimoine familial.